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Article de presse

[Portrait] Eric Lac croit en l'entreprise libérée

 

Eric Lac est profondément attaché à la valeur travail, il est un autodidacte authentique…

 

 

Eric Lac est profondément attaché à la valeur travail, il est un autodidacte authentique… (marie-pierre courtois)

Les entreprises qui vont mal en France vont mal parce que leurs dirigeants font mal leur métier de chef d'entreprise". Pour Eric Lac, à la tête de Global packaging à Lons, pas de mystère ni de faux-fuyants. Et pas question d'imputer "la crise" à la fatalité ni de la faire "payer " aux salariés. L'homme croit dur comme fer au concept d'entreprise libérée. Et parce que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, il a recours à une image limpide pour expliquer ce concept. "Un dirigeant a pour rôle de donner la direction, le cap. Si l'entreprise est une voiture, le dirigeant n'en est que le volant. Ce n'est pas le volant qui freine, ce n'est pas le volant qui clignote, ce n'est pas le volant qui accélère. Il faut respecter le rôle des autres pièces et savoir les laisser agir." Autant dire que selon Eric Lac, le salarié - qu'il nomme collaborateur - doit être écouté et bénéficier d'une autonomie d'action à hauteur de son savoir-faire.

"Tout le monde me dit que je suis un sorcier"

Une philosophie qui paraît trop belle pour être vraie, mais qu'Eric Lac traduit en actes, avec un succès tel qu'il semble relever de la magie. "Tout le monde me dit que je suis un sorcier", sourit-il. Profondément attaché à la valeur travail, il est un autodidacte authentique, devenu responsable d'équipe puis directeur de fil en aiguille de son expérience… mais sans diplôme - il a quitté le système scolaire sans passer son bac pour entrer dans la vie active "par le bas de l'échelle." En 2012, EBL polyester, qu'il dirige, est récompensé du trophée de l'innovation. En 2014, il rachète avec son épouse Greiner packaging. L'entreprise de douze salariés gérée par des Autrichiens à Lons fabrique des bonbonnes d'eau et des flacons de miel et depuis dix ans perd entre 100 000 et 200 000 € par an. Rebaptisée Global packaging, elle connaît sous sa direction dès la première année d'exercice un bilan positif. "La productivité a changé du fait d'une meilleure gestion. Au temps des Autrichiens, 6 000 à 7 000 bonbonnes par semaine sortaient de l'entreprise. On nous disait qu'il était impossible de faire plus. Or, dès les deux premières semaines, avec les mêmes machines et les mêmes "bonhommes", nous avons produit 10 000 bonbonnes par semaine. C'est un chiffre que nous savons porter à 21 000 par semaine si le marché l'exige."

Cette hausse de productivité, non fondée sur de l'investissement - les quatre collaborateurs supplémentaires ont été embauchés ultérieurement -, Eric Lac l'explique par un principe : celui qui sait est celui qui fait. "J'ai expliqué aux salariés pourquoi nous devions fabriquer plus de bonbonnes et je leur ai demandé comment faire. Ils connaissent leurs outils de travail et les solutions pratiques. Les écouter relève du bon sens. Ils sont des individus responsables et adultes qui dans leur quotidien prennent mille décisions autonomes, pertinentes et sensées. En entreprise, on les infantilise en les cantonnant au rôle d'exécutants. Dans l'entreprise libérée, on n'applique pas des choix de direction sans consulter son équipe."

Parce que dans l'entreprise libérée, les salariés sont le moteur de la voiture. Eric Lac, qui a sauvé douze emplois et en a créé quatre en un an, est sur le point de racheter la majorité des parts d'une autre entreprise paloise en difficulté comptant quatre salariés, qui selon lui a le potentiel de faire travailler et vivre quinze à vingt personnes dans les années à venir. Il partage ses convictions et sa vision de l'entreprise à travers de nombreuses conférences dans le cadre d'associations (1) et a fait de la sauvegarde de l'emploi son cheval de bataille.

(1) Plato, PPS, le Medef, etc.

Ligne de vie

Né en 1967 en Auvergne, Eric Lac suit une terminale C mais ne passe pas son bac. Il fait ses débuts comme manoeuvre et travaille dans une entreprise de piscine de 1987 à 1993 en Aquitaine. Après avoir travaillé six ans dans une entreprise de travaux publics dont il devient gérant dans le Lot-et-Garonne, il retourne dans le Cantal où dès 2002 il gère Startpeople, une entreprise de travail temporaire basée à Auriac. Il devient responsable de l'enseigne dans le Languedoc-Roussillon, les Alpes et la région Paca. En 2008, il achète une maison à Licq-Atherey avec son épouse. Recruté par Artzainack, il dirige EBL Polyester à Mauléon jusqu'en 2014. En 2012 il passe un masters management des ressources humaines ; il rachète en mars 2014 l'entreprise de Lons Greiner packaging sur le point de fermer. Devenue Global packaging, elle compte aujourd'hui quatre salariés de plus. Père de trois enfants, Eric Lac est également président de l'association des plasturgistes du Sud-ouest

 

 

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